Histoire & patrimoine · 23 octobre 2026 · 10 min de lecture
Bo Sang, où l'on fabrique encore les ombrelles à la main
Voir naître des ombrelles à l'Umbrella Making Centre, faire le tour des boutiques et juger si le détour en vaut la peine.
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Bo Sang est un village du district de San Kamphaeng, à environ 8 km à l'est du centre de Chiang Mai, connu pour ses ombrelles peintes à la main. On lit aussi Bor Sang ; en thaï, บ่อสร้าง.
Nous y sommes allés le 23 octobre 2026, en scooter, et y avons passé environ une heure et demie : à l'Umbrella Making Centre, où les artisans travaillent dans des ateliers ouverts sur les côtés, puis dans quelques boutiques de la rue principale. Ce guide suit le métier à travers nos photos, et donne les horaires, les jours de fermeture et les prix tels que les panneaux les affichaient ce jour-là.
Bo Sang en bref
Durée conseillée
Entre une et deux heures environ : c'est notre conseil. Nous y avons passé à peu près une heure et demie.
Entrée
Gratuite au centre, d'après son panneau. Lors de notre visite, le 23 octobre 2026, nous n'avons rien payé.
Visite ou cours
Regarder travailler les artisans ne demande aucune réservation. Un cours pratique, où l'on peint ou fabrique soi-même, est une prestation distincte.
Fermetures du mardi
Fermé le mardi du 1er février au 31 octobre, d'après une affiche photographiée au centre le 23 octobre 2026, qui ne précise pas l'année. Précisions dans « Préparer la visite ».
Horaires du centre
De 8 h 30 à 17 h, d'après le panneau du centre.
Faire peindre un motif
Des coupons S, M et L, à 100, 200 et 300 bahts.
Y aller
À environ 8 km à l'est du centre-ville, sur la route de San Kamphaeng : scooter ou voiture, application de VTC, ou songthaew blanc (un pick-up à banquettes qui sert de taxi collectif).
Dernière vérification
23 octobre 2026, sur place.
Ce que l'on voit vraiment à Bo Sang
La visite se fait en deux temps. D'abord l'Umbrella Making Centre, le centre de fabrication des ombrelles : un seul ensemble au bord de la route principale, derrière une grande enseigne dorée en thaï et en anglais. Ensuite la rue principale elle-même, où des boutiques indépendantes vendent ombrelles et lampes.
L'enseigne dorée et le jardin d'entrée de l'Umbrella Making Centre, vus de la route.
Au centre, la salle de vente est à l'avant et les ateliers derrière, comme l'indique un panneau peint : « Factory behind showroom ». Ces ateliers sont des halles couvertes, ouvertes sur les côtés. Les artisans travaillent sur des nattes tressées, au ras du sol, ou sur de petits tabourets, et l'on passe devant eux à son rythme, assez près pour suivre le geste. Le papier fraîchement fait sèche sur ses cadres dans le jardin, et un coin est réservé à la peinture, où l'on peint des motifs à la demande.
Une bonne part du travail se fait au ras du sol : une armature en cours d'assemblage sur un plateau émaillé, un ventilateur et une bobine de fil à portée de main.
Lors de notre visite, les artisans ont continué leur travail pendant que les visiteurs les regardaient. Ils étaient accueillants et souriants, personne ne nous a poussés à acheter, et une personne qui proposait de peindre des motifs sur les téléphones et les étuis n'a pas insisté. C'est notre expérience d'un jour d'octobre, pas une garantie pour chaque visite.
La salle de vente offre un très grand choix d'ombrelles et de souvenirs, de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Dans un coin, un tout petit espace façon musée montre quelques photographies et des ombrelles : un complément à la visite, pas un musée à part entière.
Sur ses panneaux, le centre se présente comme une entreprise communautaire. Il a été fondé en 1977 par le Dr Thavil Buacheen et comptait au départ douze artisans, selon un article de Chiang Mai Citylife paru en 2018. L'office du tourisme thaïlandais (TAT) fait remonter à 1941 une coopérative des ombrelles du village ; nos sources ne disent pas clairement quel lien unit les deux.
Nous sommes aussi entrés dans quelques boutiques de la rue principale. C'est là qu'on compare les motifs et les prix ; le centre, lui, est l'endroit où l'on regarde travailler.
Des boutiques de la rue principale, ombrelles accrochées le long du toit, un jour ordinaire d'octobre.
Comment naît une ombrelle de Bo Sang
Les étapes suivent l'ordre que décrit l'office du tourisme, avec les photos prises au centre. Celles qui manquent sont indiquées à la fin.
Le papier. Le revêtement traditionnel est le papier sa, fait à la main à partir d'écorce de mûrier. Au centre, la pâte est battue au maillet de bois sur un billot, et les feuilles teintes sèchent sur leurs cadres, posés sur la pelouse. Nous avons aussi vu un homme faire une démonstration de coloration du papier.
De la pâte à papier, battue au maillet de bois.Des feuilles de papier teint qui sèchent sur leurs cadres, dans le jardin du centre.
Le bambou. Le bambou fournit le manche et les fines baleines qui tiennent la couverture. Dans l'un des ateliers, assis sur une planche à même le sol, quelqu'un débitait des tronçons de bambou à la scie à métaux, à côté d'un tas de pièces déjà coupées.
Le bambou débité à la scie à métaux, le pied calant la pièce.
L'armature. Les baleines sont disposées en éventail autour d'un moyeu de bois tourné, au sommet, puis liées une à une avec du fil. Les bobines de fil teint attendent sur un râtelier de l'atelier.
Les baleines disposées autour du moyeu de bois, avant d'être liées au fil.Du fil teint sur des bobines de bambou, dans l'atelier.
La couverture. Le papier ou le tissu est tendu sur l'armature et fixé dessus. D'après l'office du tourisme, une couverture de papier reçoit ensuite plusieurs couches de laque qui la renforcent et la rendent imperméable. Pendant notre visite, nous avons vu des ombrelles en papier et d'autres en tissu. Sur la photo d'ouverture de cette page, on travaille l'intérieur de l'armature d'une ombrelle rouge déjà couverte.
Une couverture en tissu violet mise en place sur son armature.
La peinture. Le décor se peint sur la couverture terminée. Nous avons vu tracer à main levée un mandala bleu sur une ombrelle jaune.
Un mandala bleu qui prend forme sur une ombrelle jaune.
Les ombrelles terminées. Dans la salle de vente, elles sont suspendues ouvertes, peintes d'orchidées, de grues, de branches en fleurs et de papillons.
Des ombrelles terminées, suspendues ouvertes dans la salle de vente.
Nous n'avons pas vu toutes les étapes. Fendre et tailler les baleines au couteau, façonner le moyeu, laquer, puis faire sécher l'ombrelle font aussi partie du travail, comme le décrit l'office du tourisme, mais nous n'en avons pas de photos.
Faire peindre un objet : les coupons et leurs prix
Un panneau, dans le coin peinture, explique le principe. L'entrée est gratuite, mais on peut acheter un coupon de peinture S, M ou L, à 100, 200 et 300 bahts, illustrés respectivement par une branche fleurie avec un papillon, un tigre et un dragon. D'après le panneau, la moitié du prix revient à l'artiste, 35 % aux acteurs de la communauté, et le reste couvre les taxes locales et les frais de fonctionnement du centre.
Le panneau des coupons de peinture, tel qu'il était le 23 octobre 2026.
Ce que l'on achète, c'est un motif peint pour vous par l'un des artistes du centre. Le panneau ne précise pas sur quels objets. Lors de notre visite, une personne proposait de décorer téléphones et étuis d'un motif au choix, et un motif prenait environ cinq minutes : une indication, pas une durée garantie. L'article de l'office du tourisme, en 2014, cite des sacs, des chaussures et des vêtements peints à la demande. Nous n'avons rien fait peindre nous-mêmes.
Des rehauts blancs posés au cornet de papier sur les fleurs d'un étui de téléphone.
Le coupon ne donne pas droit à un cours où l'on peint soi-même : c'est une prestation distincte. Des cours pratiques ont déjà été proposés : pendant le festival de janvier 2026, par exemple, le centre a organisé des séances gratuites de fabrication et de peinture, sur réservation uniquement, et l'une des excursions présentées plus bas propose un cours facultatif. Si c'est ce que vous cherchez, demandez au centre ce qui est prévu le jour même.
Une légende et quelques dates
Une plaque dans le jardin du centre, datée du 15 octobre 2002, raconte comment la fabrication des ombrelles est arrivée au village. Il y a plus d'un siècle, dit-elle, un moine nommé Phra In Tha, du temple de « Borsang », selon la graphie de la plaque, reçut près de la frontière birmane une ombrelle de papier, en vit fabriquer dans un village birman, nota la méthode et la rapporta chez lui. C'est la légende des origines du métier, pas une histoire datée. L'office du tourisme raconte la même chose.
La légende du moine Phra In Tha, en thaï et en anglais, sur une plaque datée de 2002.
Les dates documentées sont plus récentes : une coopérative en 1941, selon l'office du tourisme, puis l'Umbrella Making Centre en 1977 et le festival des ombrelles à partir de 1982, selon Citylife. Le même article décrit comment la baisse des revenus et le changement des goûts ont mis le métier en danger.
Horaires. Un panneau peint du centre indique une ouverture de 8 h 30 à 17 h.
Fermetures du mardi. Une affiche du centre, photographiée le 23 octobre 2026, annonce que l'atelier et la boutique ferment chaque mardi du 1er février au 31 octobre, ainsi que du 13 au 16 avril, pour le Nouvel An thaï. Elle ne précise pas l'année et ne dit rien de novembre à janvier. Le mot « February » est un autocollant collé par-dessus un autre mois : la règle a déjà changé. Les guides plus anciens disent « ouvert tous les jours », et une fiche d'excursion signale la fermeture du mardi.
Les fermetures du mardi, affichées le 23 octobre 2026. Le mot « February » est un autocollant collé par-dessus un autre mois.
Le centre seulement. Tout cela ne concerne que le centre : les boutiques du village ont leurs propres horaires. Si vous y allez un mardi, consultez la page Facebook du centre, Umbrella Making Centre Chiang Mai, ou appelez le 053 338 195.
Sans réservation. On entre librement. L'entrée est gratuite, d'après le panneau du centre, et nous n'avons rien payé pour la visite. La réservation ne concerne que les cours pratiques.
Combien de temps prévoir. Entre une et deux heures environ : c'est notre conseil, pas une durée officielle. Nous avons passé à peu près une heure et demie au centre et dans quelques boutiques, en prenant le temps de regarder et de photographier.
En scooter ou en voiture. Nous y sommes allés en scooter. Le centre se trouve sur la route de San Kamphaeng, à environ 8 km à l'est du centre-ville.
En VTC. Nous ne l'avons pas essayé. Les voitures peuvent être plus rares au retour : vérifiez l'application avant de quitter Bo Sang.
En songthaew. Les songthaews blancs pour San Kamphaeng partent des abords du marché Warorot, selon un guide de 2024. La route de San Kamphaeng traverse Bo Sang : dites au chauffeur où vous descendez. Les tarifs relevés dans d'autres guides ne concordent pas : demandez le prix avant de monter.
Espèces. Prévoyez-en pour un coupon ou un achat. Notre seule dépense ce jour-là : un thé au lait thaï à la sortie, 55 bahts.
Oui, surtout si vous aimez l'artisanat. Pour nous, c'est ce qui justifie le déplacement : voir les artisans au travail et suivre les étapes d'un métier traditionnel, à quelques pas de leurs mains, sans billet ni guide.
La visite convient aux amateurs d'artisanat et de photographie, aux familles qui veulent montrer à leurs enfants comment se fabrique un objet, et à ceux qui partent de toute façon vers l'est, du côté de Mae Kampong ou des sources chaudes de San Kamphaeng.
Mais une visite ordinaire est courte. Nous y avons passé environ une heure et demie, boutiques comprises, et elle ne remplit pas une journée à elle seule. Si vous disposez d'une journée entière, associez-la à une autre découverte de la région : quelques idées suivent.
Pendant le festival de janvier, le village vaut le déplacement à lui seul ; nous en parlons à la fin de cette page.
La visite vaut moins le trajet si vous cherchez seulement un souvenir. On trouve des ombrelles peintes dans les rues piétonnes du samedi et du dimanche, sans quitter la ville.
Gardez en tête que le centre est aussi un magasin, et la rue principale une suite de boutiques. Certaines excursions font de Bo Sang un simple arrêt-boutique parmi d'autres : ce n'est pas la même visite. Allez-y par vos propres moyens, ou avec une excursion qui dit clairement ce qu'elle comprend.
MAIIAM, pour une sortie culturelle courte. Le musée d'art contemporain MAIIAM se trouve sur la même route, à environ 1,5 km après le carrefour de Bo Sang, d'après son site. Le musée annonce une fermeture le mardi, et ses propres pages ne concordent pas sur tous les jours d'ouverture : vérifiez avant d'y aller.
Vers l'est, San Kamphaeng et Mae Kampong, pour une journée entière. Les sources chaudes de San Kamphaeng et le village de montagne de Mae Kampong se trouvent plus à l'est, dans la même direction. Avec un véhicule, un chauffeur ou une excursion, Bo Sang trouve sa place en début ou en fin de journée.
Les cascades de Bua Thong, en excursion organisée. Elles sont au nord de la ville, dans une tout autre direction. L'une des excursions ci-dessous les associe à Bo Sang, mais ce n'est pas un détour sur la même route.
Nous n'avons pas fait ces combinaisons lors de notre visite d'octobre : ce sont des suggestions, établies d'après la situation de chaque lieu.
Y aller par vos propres moyens reste la façon la plus simple de voir Bo Sang, et celle que nous conseillons. Une excursion peut se justifier dans deux cas : vous voulez le cours que propose l'une des fiches, en acceptant ce qu'elle laisse dans le flou, ou vous voulez finir par Bo Sang une journée passée plus à l'est. Aucune des deux excursions ci-dessous n'est un billet d'entrée (le centre est gratuit), et nous n'avons fait ni l'une ni l'autre.
Nous ne travaillons ni pour l'Umbrella Making Centre ni pour ces opérateurs. Les informations viennent des deux fiches GetYourGuide, consultées le 23 octobre 2026, et elles changent : relisez la fiche avant de réserver.
Cours d'ombrelles et cascades Bua Thong
Petit groupe, environ 7 heures, prise en charge à l'hôtel
Une offre récente, encore sans avis lorsque nous l'avons consultée. Environ une heure à Bo Sang, pour un cours que la fiche indique comme facultatif, où l'on peint et réalise une ombrelle à emporter, matériel compris. Puis deux heures et demie aux cascades « collantes » de Bua Thong, dont la roche calcaire n'est pas glissante et se remonte à pied, au nord de la ville, à l'opposé de Bo Sang. La fiche ne précise ni le lieu du cours, ni ce qui se passe un mardi. Le déjeuner n'est pas inclus.
Une journée centrée sur Mae Kampong, avec le déjeuner et les sources chaudes de San Kamphaeng, puis un dernier arrêt à ce que la fiche appelle le « Bo-Sang Handicrafts Centre », où elle annonce des artisans au travail ; elle n'en donne pas la durée. Selon la fiche, le centre de fabrication des ombrelles est fermé le mardi, et l'excursion passe alors par un village de la soie.
Les liens vers GetYourGuide sur cette page sont des liens d'affiliation. Réserver via ces liens ne vous coûte rien de plus et finance ce site.
Le festival des ombrelles, en janvier
Une fois par an, en général à la mi-janvier, Bo Sang fête ses ombrelles pendant trois jours ; en 2026, du 16 au 18 janvier. Cette édition a réuni défilés, cortège de femmes à vélo sous leur ombrelle, démonstrations et cours d'artisanat, et marché, selon la presse thaïlandaise.
Nous y sommes allés une fois, il y a une dizaine d'années, et nous y retournerions volontiers. Les photos de cette page ont été prises un jour ordinaire d'octobre 2026 : aucune ne montre le festival.
Les horaires, les fermetures, l'entrée et les prix de la peinture viennent des panneaux de l'Umbrella Making Centre, photographiés le 23 octobre 2026 et montrés sur cette page. Les références ci-dessous étayent l'histoire, la description du métier et ce qui est dit du festival. Le détail des excursions vient des deux fiches GetYourGuide, consultées le même jour.
L'Umbrella Making Centre affichait, le 23 octobre 2026, une fermeture chaque mardi du 1er février au 31 octobre, et du 13 au 16 avril. L'affiche ne précise pas l'année, ne dit rien de novembre à janvier et a déjà été modifiée. Les boutiques du village ont leurs propres horaires. Si vous y allez un mardi, consultez la page Facebook du centre ou appelez avant.
La visite de l'Umbrella Making Centre est-elle payante ?
Non. Le panneau du centre indique que l'entrée est gratuite, et nous n'avons rien payé pour la visite. On ne paie que si l'on achète quelque chose ou si l'on fait peindre un motif.
Peut-on faire peindre un objet ?
Le centre vend des coupons de peinture S, M et L, à 100, 200 et 300 bahts, pour un motif peint par l'un de ses artistes. Lors de notre visite, décorer un étui de téléphone prenait environ cinq minutes. Un cours où l'on peint soi-même est une autre prestation : demandez au centre ce qui est proposé.
Combien de temps passer à Bo Sang ?
Entre une et deux heures environ, c'est notre conseil. Nous avons passé à peu près une heure et demie au centre et dans quelques boutiques de la rue principale.