7 excursions
Visites guidées des temples
Visites guidées des temples, des balades dans la vieille ville au Doi Suthep et aux journées complètes.
Vieille ville, Chiang Mai
Commencé vers 1391, agrandi vers 1480, brisé par un séisme en 1545. Voici comment lire ce qu'il en reste.
Le Wat Chedi Luang s'organise autour d'un seul monument, un chedi de brique, c'est-à-dire une tour reliquaire. Commencé au cœur de la vieille ville à la fin du XIVe siècle, agrandi à partir de 1478 ou 1479 jusqu'à quatre-vingts mètres peut-être, il a été brisé par un séisme en 1545.
Il est resté brisé depuis, et c'est ce qui le rend lisible. L'essentiel de sa masse date du XVe siècle ; sa cassure, de 1545 ; ses réparations, de 1990–1992. Cette page vous apprend à les distinguer, puis vous fait faire le tour du reste du temple.
Notre avis : On vient pour le chedi lui-même, et c'est à lui qu'il faut donner l'essentiel du temps : faites-en le tour de jour, une quarantaine de minutes avant le coucher du soleil, puis restez pour les lumières. Comptez une heure.
Quatre moments ont fait le chedi que vous avez sous les yeux. Trois se lisent encore dans la brique.
Les chroniques attribuent le chedi au roi Saen Mueang Ma, qui régna sur Chiang Mai de 1385 à 1402. Il le fit commencer pour faire des mérites au nom de son père défunt, le roi Ku Na : une œuvre pieuse dont le bénéfice, selon la croyance bouddhique, profite au disparu. La tradition fixe le début des travaux à 1391 ; l'année exacte n'est pas documentée.1
Il ne le vit pas achevé. Sa veuve le fit terminer sous le règne de leur fils, Sam Fang Kaen.1
L'ampleur qu'on ressent devant la clôture vient d'une seconde campagne, sous le roi Tilokarat. Il règne sur le Lanna, le royaume du Nord dont Chiang Mai est la capitale. À partir de 1478 ou de 1479, son ministre Muen Dam Phra Khot reprend l'ancien chedi et l'agrandit ; des éléphants sont ajoutés le long de la terrasse.1,2
Les chroniques donnent ses nouvelles dimensions en sok, la coudée de l'époque : 92 sok de haut sur une base de 52. Comme on ne sait pas exactement ce que mesurait un sok ici, le chiffre que répètent tous les guides, environ quatre-vingts mètres, est une estimation moderne et non une mesure.1,3
En 1481, dit la chronique, la statue que la Thaïlande vénère aujourd'hui entre toutes prend place dans la niche orientale du chedi agrandi : le Bouddha d'Émeraude, une petite statue de pierre verte, présente à Chiang Mai depuis 1468. Une statue de jade occupe aujourd'hui cette niche ; la plaque qui l'annonce la nomme Phra Kaeo Yok Chiang Mai, le Phra Kaeo de jade de Chiang Mai, Phra Kaeo étant le nom thaï du Bouddha d'Émeraude.2,4
En 1545, sous le règne de la reine Chiraprapha, un tremblement de terre abat le sommet. La chronique note le jour dans son propre calendrier, et ajoute que le chedi du Wat Phra Singh a perdu le sien.1,2
Une étude archéosismique publiée en 2011 conclut que le chedi a perdu environ la moitié de sa hauteur et qu'il s'est effondré vers le sud.3 Six ou sept ans plus tard, le Bouddha d'Émeraude quitte Chiang Mai pour toujours, emporté à Luang Prabang par le roi Setthathirat, du Lan Xang, le royaume lao ; il est aujourd'hui à Bangkok.5,6
Pendant plus de quatre siècles, le chedi est resté brisé au milieu de la ville. De juin 1990 à décembre 1992, le Département des beaux-arts, l'administration thaïlandaise du patrimoine, le fait consolider par une entreprise, pour 35 millions de bahts. La base est renforcée et élargie, passant d'environ 56 à 60 mètres de côté, et les parties manquantes sont refaites là où il en restait des traces, les éléphants entre autres.6
On ne l'a pas complété. Personne n'a de dessin du sommet disparu, et un mémoire de 2013 en fait encore une question ouverte.7 Le chantier a pourtant été vivement critiqué, et l'idée même de compléter le chedi reste contestée en Thaïlande.6,8 Ce que vous voyez aujourd'hui : une masse du XVe siècle, une peau neuve par endroits, et du ciel là où était le sommet.
Les dates, et ce que vaut chacune
vers 1391
Commencé sous Saen Mueang Ma
Le roi fait commencer un chedi pour faire des mérites au nom de son père défunt, Ku Na. L'année est celle de la tradition.1
Date des chroniques
1478–1481
1545
1551 ou 1552
1796 ou 1800
1928
1990–1992
La restauration
Le chedi est consolidé et sa base élargie ; le sommet n'est pas refait.6
Date établie
2026
Depuis la clôture, de n'importe quel côté, le monument raconte sa propre histoire, pour peu qu'on sache où regarder.
De plus près : un monument, trois époques
Commencez par le bas. La base carrée et sa terrasse appartiennent au chantier de Tilokarat, renforcées et élargies en 1990–1992. L'étage aux quatre niches est la partie de son chedi qui a survécu au séisme, réparée par endroits. Au-dessus de la dernière corniche, la brique est nue : c'est la cassure de 1545.6,7
Les escaliers sont d'apparat plutôt que d'usage : on ne les gravit pas.1 Seul celui de l'est a été transformé en vraies marches. Il a aujourd'hui une main courante jusqu'à la niche, et un panneau à son pied, en thaï, interdit de monter sur le chedi sans autorisation.
Le même gardien, deux époques
Dans l'art lanna, une rampe d'escalier sort souvent de la gueule ouverte d'un makara, monstre aquatique au mufle de crocodile : le naga semble en jaillir. Les rampes du chedi sont exactement de ce type.14
Sur le chedi lui-même, nos photos du crépuscule ne permettent pas de l'isoler nettement. À quelques pas, il se voit très bien : à l'escalier du wihan d'Ajahn Mun, le A du plan plus bas, la rampe se termine par un makara à son pied et un naga dressé au-dessus. Le Wat Phra Singh, à dix minutes, en a un autre à hauteur d'œil, désigné sur la photo annotée de notre page.
Le temple garde aussi l'Inthakhin, le pilier qui représente la ville elle-même.
La plupart des villes thaïes ont un pilier de fondation, le lak mueang. Celui de Chiang Mai est l'Inthakhin, abrité dans un petit sanctuaire blanc juste après l'entrée principale. Sa légende commence avant la ville. Dans la version que raconte l'office du tourisme thaïlandais, le dieu Indra donna un pilier aux Lua, le peuple de la vallée avant l'arrivée des Taïs, pour les protéger ; deux géants, des kumbhanda, le gardaient, et un ancien des Lua médita trois ans sous un yang, un grand arbre des forêts tropicales.11
Les faits sont plus sobres. Le pilier se dressait d'abord au Wat Sadue Mueang, près de l'ancien hôtel de province devenu le centre d'art et de culture de la ville.15 Le prince Kawila, qui se réinstalla en 1796 dans une Chiang Mai largement désertée, le fit transférer ici : vers 1800 selon la plupart des récits publiés, en 1796 selon l'historienne du Lanna Pensupa Sukkata Jai-in, qui souligne aussi que la chronique ne donne aucune raison à ce transfert.6,10,11
On attribue aussi à Kawila trois arbres yang plantés comme repères de la ville. Il en reste un, près du sanctuaire, et l'on croit qu'un esprit et un géant gardien l'habitent ; quand une grosse branche en est tombée le 16 avril 2026, l'événement a été relayé par la presse nationale.16 Chaque année, pendant une semaine environ, en mai ou en juin selon le calendrier lunaire, la ville apporte des fleurs au pilier ; en 2026, la fête a eu lieu du 13 au 19 mai.11,17
Notre visite du 22 octobre 2026, dans l'ordre où les photos ont été prises, entre 17 h 34 et 18 h 02. Les heures sont celles de l'appareil ; les légendes décrivent ce que montrent les images, rien de plus.
Coucher du soleil, d'après le calcul : vers 17 h 56 à Chiang Mai ce jour-là.
La photo d'ouverture de cette page : trois minutes après le coucher du soleil, les lanternes allumées, la lune au-dessus de la cassure.
Dans l'ordre de marche depuis l'entrée principale, rue Phra Pok Klao.
Juste après l'entrée principale, avec le vieil arbre yang à côté.
Les hommes peuvent entrer ; les femmes regardent depuis la porte. Le chapitre sur le pilier explique pourquoi.
La longue salle des fidèles face à l'entrée.
Au fond se dresse Phra Attharot, un Bouddha de bronze doré, la main droite levée, entre ses deux principaux disciples, Moggallana à gauche et Sariputta à droite. La plaque de la salle lui donne 8,23 mètres et en attribue la commande à la reine Tilokachuda ; la tradition le date de 1411.4,6 Regardez aussi les piliers laqués de noir, ornés d'or au pochoir.
Derrière le Wihan Luang, dans sa propre clôture.
Faites-en le tour complet. Chaque face a son escalier et sa niche ; c'est depuis les angles qu'on voit le mieux les éléphants.
Juste à l'ouest du chedi.
Un bâtiment plus modeste qui abrite un Bouddha couché ; il mérite une minute pendant votre tour du chedi.9
Sous un abri, au nord du chedi.
Depuis 1996, le campus lanna de l'université bouddhique Mahamakut réserve un coin où des moines étudiants conversent avec les visiteurs : ils travaillent leur anglais pendant que vous posez vos questions. Il n'y a pas d'horaire officiel ; la plupart des témoignages le situent en journée, souvent l'après-midi.18 Comme partout en Thaïlande, une femme ne touche pas un moine et ne lui tend rien de la main à la main.
Facultatif : au sud-ouest du chedi, un court détour.
Un petit wihan dédié à Ajahn Mun Bhuridatto, abbé du temple en 1932. Il conserve ses cendres et une statue de cire très réaliste.4,9 Regardez le pied de son escalier : le makara le plus lisible de l'enclos.
Les horaires et les prix publiés en ligne ne concordent pas. Voici les panneaux du temple le jour de notre visite ; revérifiez-les à l'entrée.
Ce que disaient les panneaux le 22 octobre 2026
Portes
Ouvertes de 5 h à 22 h
Ce sont les horaires des portes. Les salles comme le Wihan Luang peuvent fermer plus tôt ; nous n'avons pas vu leurs horaires affichés. Les sites en ligne donnent tantôt 6 h – 18 h, tantôt 5 h – 22 h 30.
Entrée
Adultes 50 bahts, enfants de moins de 135 cm 20 bahts
Se paie au guichet de bois sculpté près de l'entrée principale. Le temple fait payer les visiteurs étrangers depuis juillet 2016, 40 bahts à l'époque.19
Tenue
Épaules et genoux couverts
Le panneau exclut bustiers, débardeurs, grands décolletés, hauts courts, shorts et jupes courtes. Châles et sarongs sont proposés sur place.
Règles du temple
Ne pas grimper sur les édifices anciens
Le panneau des usages demande aussi de garder le silence, d'ôter ses chaussures dans les salles, de ne jamais tourner les pieds vers une image du Bouddha et de se méfier des inconnus trop aimables qui proposent de vous guider.
Y aller : l'entrée principale donne sur la rue Phra Pok Klao, au milieu de la vieille ville. Le Wat Phra Singh est à une dizaine de minutes à pied vers l'ouest, le monument des Trois Rois à huit minutes environ vers le nord, et le centre d'architecture lanna, installé dans l'ancienne maison Khum Chao Burirat, à deux minutes de l'entrée.
Le Wat Phan Tao, petit temple à la salle entièrement en teck, touche l'enclos au nord-est ; on le visite facilement dans la foulée.
Quatre questions que cette page ne peut pas trancher, et où en sont les réponses.
Quels éléphants sont d'origine ?
Le chantier de 1990–1992 a refait les éléphants là où il en restait des traces. Des guides affirment qu'un seul est d'origine, et un suivi photographique daté situe à l'angle nord-est ceux qui auraient survécu ; nous n'avons trouvé aucune étude publiée qui tranche.4,6
Le sommet a-t-il été détruit au canon en 1775 ?
L'idée circule dans quelques guides. La chronique consigne le séisme de 1545, et l'étude de 2011 consacrée à ce séisme explique l'effondrement ; nous n'avons trouvé aucune source pour l'histoire du canon.2,3
Qui a financé la restauration des années 1990 ?
Beaucoup de pages en anglais citent l'UNESCO et le gouvernement japonais. Les sources thaïes décrivent un contrat de 35 millions de bahts passé par le Département des beaux-arts, et nous n'avons trouvé aucune trace d'un financement étranger.6
Le Wat Chedi Luang est-il inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO ?
Non. Il fait partie des monuments de la candidature de Chiang Mai au patrimoine mondial, inscrite sur la liste indicative de la Thaïlande depuis 2015. Le dossier a été déposé en 2026, une mission d'évaluation de l'ICOMOS est venue en août, et la décision est attendue en 2027.13,20
Les photos, les heures du reportage et le contenu des panneaux viennent de notre visite du 22 octobre 2026. L'heure du coucher du soleil et la phase de la lune ce soir-là sont calculées, pas observées. Le plan est dessiné d'après OpenStreetMap. L'histoire vient des sources ci-dessous, consultées le 23 octobre 2026 ; quand elles divergent, cette page le dit. Les numéros du texte renvoient à cette liste.
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