7 excursions
Visites guidées des temples
Visites guidées des temples, des balades dans la vieille ville au Doi Suthep et aux journées complètes.
Mae Hia, Chiang Mai
Sur une colline au sud-ouest de Chiang Mai, on voit de loin un grand Bouddha blanc. Dans une salle ouverte, une petite statue dorée, Luang Pho Than Jai, reçoit des vœux et, quand ils sont exaucés, du jasmin.
Le temple doit son nom à son chedi à reliques, le phra that, et à sa colline, Doi Kham. Beaucoup de ceux qui y montent viennent pourtant pour autre chose : faire un vœu à une petite statue dorée, Luang Pho Than Jai.1
Cette page suit le vœu tel que le temple l'affiche dans la salle, de la demande au retour avec le jasmin, puis fait le tour du sommet : le chedi et son histoire, les statues, la vue et les questions pratiques.
Notre avis : Un vrai coup de cœur. Moins connu que le Doi Suthep, le Wat Phra That Doi Kham mérite largement le détour : son grand Bouddha blanc, une esplanade peuplée de statues et de dorures, et un large panorama sur la plaine de Chiang Mai. Ce qui nous a le plus marqués tient pourtant dans une salle plus discrète : celle de Luang Pho Than Jai, où les cônes de jasmin s'empilent sur l'estrade. Si vous explorez le sud-ouest de la ville, du côté du parc royal Rajapruek, ce serait dommage de passer si près sans monter. Comptez environ une heure sur place, davantage si vous aimez prendre le temps du panorama.
Le grand Bouddha veille sur la plaine. Le petit écoute les demandes.
Le grand Bouddha porte le nom officiel de Phra Phuttha Naphi Si Phing Rat. Sur place, un panneau de quête le nomme Luang Pho To : luang pho, « vénérable père », est le titre des moines et des statues les plus honorés, et to veut dire « grand ».
Luang Pho Than Jai est d'une tout autre taille : un Bouddha de stuc doré d'une soixantaine de centimètres, dans un petit sanctuaire au milieu d'une salle ouverte où l'on s'assoit par terre.1
Aujourd'hui, on entend than jai au sens de « à temps » : un vœu vite exaucé. Une étude universitaire thaïe parue en 2024 rattache ce nom à un usage plus ancien du Nord : un phra chao than jai est une statue façonnée en une seule journée, et l'on attribuait à une aide divine le fait de l'avoir achevée à temps.1
Dans la salle, une banderole explique en thaï comment faire un vœu, et comment revenir une fois qu'il est exaucé.
Transcription faite d'après notre photo du 28 octobre 2026. Le cadre coupe la fin de chaque ligne, et nous n'avons rien complété. Les traductions sont les nôtres, contrôlées sur les versions du même texte publiées par la presse thaïe ; elles n'ont pas été relues par une personne de langue thaïe.2,3
Demander
ไหว้สาขอพรหลวงพ่อพระเจ้าทันใจ จุด
Rendre hommage à Luang Pho Phra Chao Than Jai et lui demander sa bénédiction. Allumer […]
Luang Pho Phra Chao Than Jai est le nom complet de la statue sur la banderole ; la plaque du sanctuaire dit simplement Luang Pho Than Jai. จุด veut dire « allumer » ; la suite de la ligne est hors cadre.
ตั้งนะโม 3 จบ แล้วว่าคาถา
Réciter trois fois le namo, puis dire la formule […]
Le namo est l'hommage au Bouddha qui ouvre la plupart des récitations. Nous arrêtons la ligne ici : une lettre du mot suivant n'est pas nette sur notre photo, et le cadre coupe la formule. La plaque du sanctuaire la donne en entier : โอมนะโม พุทธายะ ยะอะสะ สุมัง จะปาคะ. Elle s'ouvre sur « Om, hommage au Bouddha » et se récite telle quelle ; l'étude de 2024 la glose par « que tout ce que je demande se réalise ».1
แล้วบอกชื่อเรา ข้าพเจ้าชื่อ............และเล่าเรื่องที่เราจะขอให้ละเอียด เสร็จแล้วบอกหลวงพ่อพระเจ้าทันใจ
Dire ensuite son nom (« Je m'appelle… ») et raconter en détail ce qu'on veut demander. Cela fait, dire à Luang Pho Phra Chao Than Jai […]
Promettre
เมื่อข้าพเจ้าสำเร็จแล้วจะมาถวายดอกมะลิจำนวน 50 พวงขึ้นไป ถ้าเราจะให้มากกว่านี้ก็บอกท่านไปเลย
« Quand j'aurai réussi, je viendrai offrir des fleurs de jasmin, cinquante guirlandes ou plus. » Si l'on compte en donner davantage, on le lui dit tout de suite […]
ถวาย (thawai) : offrir, le verbe qu'on emploie pour les moines et les statues sacrées. Le nombre, 50, est écrit en chiffres sur la banderole.
Revenir
กล่าวเหมือนครั้งแรก แล้วบอกข้าพเจ้าได้นำดอกมะลิมาแก้บนแล้วตามที่ข้าพเจ้าสัญญาไว้
Dire les mêmes mots que la première fois, puis : « J'ai apporté le jasmin pour m'acquitter de mon vœu, comme je l'avais promis. » […]
แก้บน (kae bon) : s'acquitter d'un vœu, en donnant ce qu'on a promis une fois le vœu exaucé.
Les récits publiés du rite ajoutent deux précisions que notre photo ne montre pas : on commence par allumer trois bâtons d'encens, et l'on ne demande qu'une chose à la fois.1,3
Si vous ne faites pas de vœu, restez sur le côté pour regarder, parlez bas et ne passez pas devant les personnes assises face au sanctuaire.
50 ou plus
Beaucoup des cônes de l'estrade sont sans doute des promesses tenues ; nous n'avons pas vu qui les déposait, ni pourquoi. C'est une sorte d'ex-voto, mais qui fane : les guirlandes sont ensuite mises à sécher, et le temple déconseille d'en faire des infusions, car les fleurs peuvent contenir des pesticides.3
Luang Pho Than Jai était vénéré avant les vœux au jasmin. L'abbé raconte que l'idée lui en est venue lors d'une vision, en 2012. Il évoque aussi l'histoire d'un homme d'affaires escroqué, qui aurait retrouvé son argent en sept jours et serait revenu avec 100 000 guirlandes ; le récit a ensuite circulé dans la presse et sur les réseaux sociaux.1
En novembre 2022, un fidèle a apporté 429 000 guirlandes ; ce jour-là, l'abbé confiait au quotidien The Nation que la plupart des fidèles demandaient la réussite en affaires, ou de l'argent.4
Le temple fait remonter sa fondation à 687. Presque tout ce que l'on voit date des soixante dernières années.
Selon la tradition, le temple aurait été fondé sous la reine Chamadevi de Hariphunchai, le royaume môn qui avait pour centre l'actuelle Lamphun, au sud de Chiang Mai. Ses deux fils, Mahantayot et Anantayot, auraient bâti ici un chedi (le monument à reliques en forme de cloche des temples du Nord) pour y enfermer un reliquaire plus ancien.2,5 À notre connaissance, aucune datation archéologique n'a été publiée, et aucun historien n'a confirmé la date de 687.
Le nom a sa propre légende, plus ancienne encore. Le Bouddha serait venu sur cette colline, y aurait converti un couple de yakkha (des géants de la légende bouddhique), Pu Sae et Ya Sae, et leur aurait confié quelques-uns de ses cheveux. De fortes pluies auraient ensuite charrié de l'or dans une grotte de la colline : doi signifie « montagne », et kham « or ».2,5
Près de l'escalier du chedi, dont les rampes figurent des nagas (des serpents mythiques), une plaque nomme des reliques de cheveux, les kesa-dhātu, dans une formule d'hommage en pali, la langue des textes bouddhiques anciens. Une seconde plaque s'adresse aux reliques du Bouddha et à celles de ses disciples parvenus à l'éveil.
Le chedi actuel est postérieur à 1966. Cette année-là, le temple était à l'abandon : on trouva ouverte la chambre aux reliques ; parmi les objets qu'on en retira, et que le temple conserve, figurent une grande statue du Bouddha en grès doré, Phra Rot Luang (sans rapport avec le grand Bouddha blanc du sommet), et des tablettes votives d'argile.2,6 Les récits divergent sur la cause : pluies et effondrement pour les uns, pillage selon un blog thaï.6,7 D'après la plaque qui retrace l'histoire du temple, le revêtement du chedi fait partie de la restauration commencée en 1981.6,8
Chaque année, le septième et le huitième jour de la lune décroissante qui suit Visakha Bucha (la pleine lune qui commémore la naissance, l'éveil et la mort du Bouddha), les reliques sont baignées rituellement. La date suit le calendrier lunaire et tombe fin mai ou en juin.9
Soixante ans de chantiers
1981
1994
Daté.La salle au double escalier de nagas
Son fronton porte la date, 16 juillet 2537 du calendrier bouddhique, et le nom du groupe qui a conduit les travaux. Ce n'est pas la salle de Luang Pho Than Jai ; nous l'appelons la salle de 1994.
1995
1997
Une seule source, ou des sources qui divergent.Luang Pho Than Jai est doré
La statue était jusque-là en stuc de chaux, blanche.1
2024–2025
Daté.Thao Wessuwan
Le chantier d'une statue géante et dorée de Thao Wessuwan (Vessavana en pali, l'un des quatre rois gardiens des points cardinaux, celui du nord, et dispensateur de richesses dans la tradition bouddhique) est arrêté en août 2024, au milieu d'un débat public sur sa taille et sur sa place à côté du chedi. La municipalité délivre un permis en décembre, et la statue est consacrée le 8 avril 2025.12,13,14
Le chantier de la salle de 1994 continue. Près de sa porte, un coffre de dons porte l'inscription « dorure, enfouissement des luk nimit » : les boules de pierre que l'on enterre autour d'une salle d'ordination pour en marquer la limite sacrée. Au pied de l'escalier, des cordes pendent d'une barre sous un petit écriteau, « boule n° 2, à l'est, en hommage à Aññā Koṇḍañña », le premier disciple du Bouddha. La salle est peut-être une salle d'ordination, ou doit le devenir ; nous n'avons pu ni le confirmer, ni savoir quand les boules seront enfouies.
Le sommet est peuplé de figures, anciennes et récentes : prenez le temps d'en faire tout le tour.
Pu Sae et Ya Sae, les yakkha de la légende, sont toujours honorés comme esprits gardiens de Chiang Mai. Le temple leur consacre des autels, et un autre se dresse au bord de la route qui monte à la colline.6,15 Chaque année, fin mai ou en juin, une cérémonie d'offrandes a lieu en leur honneur au pied de la colline, et non au temple ; en 2026, la municipalité de Mae Hia l'a organisée le 30 mai à un poste du parc national Doi Suthep-Pui.15,16 Le rite mêle d'anciennes croyances des Lua, une population installée dans la région avant les Thaïs du Nord, et des pratiques bouddhiques : une procession derrière une toile peinte du Bouddha, des prières, un médium et l'offrande d'un buffle.16,17
Sur la terrasse arrière est couché un Bouddha au visage blanc et à la robe dorée. À ses pieds, deux plaques portent des prières, l'une à Guanyin, le bodhisattva de la compassion du bouddhisme chinois, l'autre à Ganesh, le dieu hindou à tête d'éléphant qui préside aux commencements. Ailleurs sur le sommet, des gardiens yakkha dorés tiennent chacun une massue.
La porte de la salle de 1994 mérite un arrêt : deux scènes peintes de la vie du Bouddha, un paon doré sur un arc de mosaïque, des vantaux sculptés.
De plus près : la porte de la salle de 1994
La vue, à elle seule, justifie la montée. Au bord du sommet, une porte marquée « Doikham Panorama View Point » ouvre sur la plaine : les immeubles de Chiang Mai à l'est et, selon plusieurs récits, l'aéroport.11,18 Deux personnages dorés portant des corbeilles, un grand ours en peluche à lunettes et quelques statuettes de lapins lui tiennent compagnie.
La colline est à l'ouest-sud-ouest de la ville : le belvédère est tourné vers l'est, et en fin d'après-midi on a la lumière dans le dos. Le soleil se couche derrière la colline et le temple ferme à 18 h : on ne monte pas ici pour le coucher du soleil.
Vérifié en octobre 2026.
Tenue
Épaules et genoux couverts
Le panneau proscrit les shorts, les jupes courtes, les hauts à fines bretelles ou bustiers et les ventres nus, signale des paréos à l'entrée et interdit les animaux.
Le temple est à environ 15 km de la porte Tha Phae par la route, au-delà du parc royal Rajapruek : environ 25 minutes hors embouteillages. Une route monte jusqu'à un parking proche du sommet. Aucun songthaew régulier (pick-up à banquettes) n'y va depuis la ville : prenez un Grab (l'application de VTC courante en Thaïlande) ou un taxi, ou louez un songthaew rouge pour l'aller-retour en demandant au chauffeur d'attendre. On ne peut pas compter trouver une voiture en haut pour redescendre : gardez votre chauffeur, ou prévoyez de patienter.
Un sentier, avec un long escalier, part d'un parking au pied de la colline, côté Mae Hia : environ 1,5 km et une heure, pauses comprises, selon une description de 2021.21,22 Les décomptes de marches divergent beaucoup, et certains ne comptent que la partie bordée de nagas.21,23 Des visiteurs empruntaient encore ce sentier en 2026, mais nous ne l'avons pas parcouru, et en 2021 sa partie basse était par endroits de la latérite nue, un sol rouge et caillouteux. Des songthaew rouges ont assuré des navettes entre le parking du bas et le sommet, à 20 bahts le trajet en 2019 comme dans le récit d'un visiteur en 2026 ; nous ne savons pas s'ils circulent tous les jours.24,25
L'entrée est gratuite.18 Rien à acheter, ni pour visiter ni pour faire un vœu. Des guirlandes sont vendues le long de la route d'accès ; en 2023, la longue coûtait environ 8 bahts et la courte 4 à 5. Les prix ont pu changer : demandez-les avant d'acheter.3
En semaine, c'est en général plus calme. La salle est la plus fréquentée le week-end, les jours saints bouddhiques et la veille des tirages de la loterie nationale (qui ont lieu en principe le 1er et le 16 du mois) : le temple a une réputation de porte-bonheur, la presse publie des numéros qui lui sont associés et des vendeurs de billets s'installent au parking. Des files de voitures ont alors été signalées sur la route d'accès.3,26
Comptez environ une heure au sommet, plus une heure ou davantage si vous montez à pied, et le temps de redescendre. Le parc royal Rajapruek est juste à côté. Le temple du Doi Suthep est sur le même massif, à environ 5 km au nord à vol d'oiseau, mais c'est une sortie à part.
Quel âge a Luang Pho Than Jai ?
Les sources avancent de 500 à 1 300 ans, et nous n'avons trouvé aucune datation publiée par un historien de l'art.
Quand le grand Bouddha a-t-il été construit ?
Il figure sur des photos de 2009 ; nous n'avons trouvé aucune date antérieure fiable.27
Quelle est la hauteur du grand Bouddha et de Wessuwan ?
Les chiffres publiés ne concordent pas, et nous n'avons rien mesuré.
Combien de marches compte la montée depuis le pied ?
Les décomptes diffèrent, et nous ne savons pas dans quel état est aujourd'hui le bas du sentier.
Qu'est-ce qui a ouvert la chambre aux reliques en 1966 ?
La pluie ou des pilleurs : les récits divergent.
La salle de 1994 est-elle une salle d'ordination ?
Le coffre de dons et les cordes le laissent penser, ou annoncent qu'elle le deviendra ; nous ne savons pas quand les luk nimit seront enfouis.
Les photos et le relevé des panneaux viennent de notre visite du 28 octobre 2026. Les distances et les temps de trajet sont nos propres calculs sur OpenStreetMap, arrondis. L'histoire, le rite et les informations pratiques viennent des sources ci-dessous, consultées en octobre 2026 ; quand elles divergent, la page le dit. Pour le thaï, voir la note sous la banderole. Les numéros du texte renvoient à cette liste.
7 excursions
Visites guidées des temples, des balades dans la vieille ville au Doi Suthep et aux journées complètes.